Jeudi 17 juin 2010 4 17 /06 /Juin /2010 14:31

 

Le président du groupe socialiste à l’Assemblée nationale et député-maire de Nantes a accepté de livrer son appréciation sur la réforme des retraites présentée, mercredi 16 juin, par Eric Woerth.

 

 

 

Que pensez-vous de cet avant-projet de loi?

 

Ce n’est pas une réforme pour les Français et en particulier pour les milieux populaires. Parce qu’elle est brutale, c’est une réforme pour les marchés financiers. C’est un choix politique du gouvernement d’avoir finalement pris les mesures les plus injustes. La suppression de l’âge légal de départ en retraite à 60 ans, porté progressivement à 62 ans, va pénaliser surtout les ouvriers. C’est eux qui, au fond, vont payer la facture. C’est donc un projet anti-populaire.

 

Le financement de cette réforme est-il satisfaisant?

 

L’effort pour financer les retraites n’est pas équitablement reparti. C’est extrêmement frappant. La taxation sur les hauts revenus et sur les revenus du capital ne représentent même pas 10% du financement. 90% de l’effort va donc revenir aux salariés. Tout cela a des conséquences: les femmes qui ont des carrières hachées, qui ont des enfants, qui n’ont pas tous leurs trimestres, seront obligées de travailler jusqu’à 67 ans. Quant aux jeunes, ils sont sacrifiés. Car, contrairement a ce que dit le gouvernement, son projet n’est pas financé au-delà de 2018. Une partie est financée par la dette, la contribution nette de l’Etat, qui est de l’ordre de 15 milliards. Pour les générations futures, le problème est donc reporté.

 

Et, lorsque l’on parle de l’après-2018 à Eric Woerth, il nous répond qu’à cette date, un autre gouvernement sera aux commandes. Car 2018 n’est pas une date innocente. Si Nicolas Sarkozy est réélu en 2012, le rendez vous pour l’avenir des retraites interviendra après son éventuel mandat. Tout est calculé politiquement par le gouvernement.

 

Vous avez dit craindre une procédure d’urgence. Pensez-vous qu’il n’y a pas assez eu de concertation et allez-vous chercher un compromis avec le gouvernement?

 

Le PS va se battre contre ce texte. Si le ministre dit qu’il va recevoir les syndicats, qu’il appelle à la concertation, sur les points essentiels il a clairement dit qu’il n’allait pas bouger.

 

On est obligé de constater que le gouvernement a avancé en catimini pour aboutir à sa présentation hier (mercredi) dans une conférence de presse en plein mondial. Tout cela est calculé en terme d’agenda, c’est une évidence. La délibération du Conseil des ministres se tiendra le 13 juillet, la veille du 14 juillet donc d’un grand week-end. Ensuite, les commissions parlementaires, et surtout celle des affaires sociales, vont examiner le projet de loi du gouvernement pendant les vacances d’été. Et enfin le texte va arriver à l’Assemblée au moment de la rentrée scolaire. Je demande donc que les débats en commission soient publics, que les Français puissent suivre les travaux et juger des solutions. C’est important qu’il y ait une publicité des débats car c’est une question qui tracasse beaucoup les gens. Il faut que les Français comprennent qu’il n’y a pas qu’une seule solution comme veut le montrer la tactique du gouvernement en créant un climat de fatalisme, de résignation. Il y a une alternative.

 

Que pensez-vous du dispositif de pénibilité?

 

La pénibilité n’est pas traitée dans ce projet gouvernemental. Ce qui est traité, c’est l’invalidité. C’est du cas par cas. Si quelqu’un a un gros problème de santé au travail, il va passer devant une commission médicale qui va alors choisir si cette personne peut partir en retraite. Ce n’est donc pas une prise en compte préventive de la pénibilité.

 

Le gouvernement juge le relèvement du taux de cotisation dans la fonction publique «indolore». Qu’en pensez-vous?

 

La question n’est pas le taux de cotisation mais c’est le niveau de salaire des fonctionnaires. Pendant que le taux de cotisation est relevé, le gouvernement refuse les négociations salariales dans la fonction publique. Il y a un blocage des salaires, en particulier pour les catégories C et B qui ont des petits revenus.

 

Face à l’évolution de la démographie, l’augmentation de la durée du temps de cotisation n’est-elle pas inéluctable?

 

Il y a là un double langage de la part du gouvernement. Le problème des retraites est-il du à la crise ou à l’évolution de la démographie? Je ne nie pas le problème démographique. Les Français vivent plus longtemps donc ils vont bénéficier de leurs pensions plus longtemps et le besoin de financement est alors beaucoup plus élevé. Cela, personne ne peut le nier. Mais ce n’est pas le seul problème. La question essentielle est de se demander quelle politique de l’emploi et quelle politique de croissance faut-il mener?

 

Le PS veut revenir sur la décision de porter à 62 ans l’âge légal de départ. Cela ne va-t-il pas obliger à prendre ensuite des mesures plus radicales?

 

La différence c’est que nous faisons appel à des financements équilibrés. Le PS comprend qu’il doit y avoir un effort fait par les salariés. On ne refuse pas l’augmentation du nombre de trimestres. Mais il faut aussi un effort sur le prélèvement des stock-options et de façon beaucoup plus forte que ce que propose actuellement le gouvernement. Nous proposons un équilibre de contribution entre la part des salariés et la part des revenus du capital et du patrimoine.

 

Propos receuillis par Baptiste Crochet

Par Baptiste Crochet - Publié dans : Actu
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Mercredi 19 mai 2010 3 19 /05 /Mai /2010 15:39

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Par Tyzba - Publié dans : Actu
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Samedi 27 février 2010 6 27 /02 /Fév /2010 11:04

L’Assemblée nationale a adopté, mardi 23 février, en première lecture (par 312 voix contre 214) le projet de loi sur la sécurité intérieure, dit Loppsi 2. Le texte prévoit notamment l'extension de la vidéosurveillance, le nombre de caméras passant de 20 000 à 60 000 d‘ici fin 2011. Partis politiques et associations dénoncent une « politique sécuritaire ». Petit passage en revue des objections.

 

« La vidéosurveillance n’atteint pas ses buts affichés »

Les contradicteurs s’appuient sur l’expérience anglaise pour tenter de prouver l’inefficacité des caméras en matière de lutte contre le terrorisme et la criminalité. « Elles n’empêchent pas les individus déterminés de commettre un attentat » affirme un membre du collectif Démocratie et libertés. Outil opérant à court terme, la vidéosurveillance est utile dans l’élucidation des délits mais rarement dans leur prévention. Après la nouvelle agression d’un élève dans un lycée du Val-de-Marne, les caméras de sécurité ont permis d’identifier des suspects mais n’ont jamais réussi à contrer la violence scolaire.


« La vidéosurveillance porte atteinte aux libertés et à la présomption d’innocence »

Pourquoi s’opposer à la vidéosurveillance si on a rien à se reprocher? Selon la Ligue des Droits de l’Homme, ce système inverse le principe de présomption d’innocence: « toute personne filmée devra prouver qu’elle n’est pas en cause », et figure dès lors comme un suspect potentiel.

De même, tripler le nombre de caméras, c’est tripler le nombre de personnes chargées de visionner les images. Le gouvernement souhaite pouvoir déléguer cette tâche à des entreprises privées. Une disposition qui créé la polémique. Car la Cnil, l’organisme chargé de contrôler l’action de ces entreprises privées, « est loin d’être compétente et ses moyens sont très limités » soulève Eric Coquerel, tête de liste du Parti de Gauche, « l’utilisation des images étant uniquement soumise à l’autorisation préfectorale ».


« La vidéosurveillance est une réponse technique coûteuse »

Le prix de sa mise en place et de son exploitation est estimé à 28 millions d’euros. Un tel dispositif est avant tout coûteux en main d'œuvre : on estime qu'il faut un policier municipal pour surveiller dix caméras. L’entretien lui-même a également un coût prohibitif, qu’il est néanmoins difficile d’évaluer avec précision. La sous-traitance semble être « un business énorme » sur lequel les autorités locales n’auront que peu de contrôle.



La vidéosurveillance, un danger pour nos libertés?
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Mardi 2 février 2010 2 02 /02 /Fév /2010 00:00

A 35 ans, il est une valeur montante de la droite. Déjà président du conseil général de Maine-et-Loire, député européen, Christophe Béchu est aujourd'hui tête de liste dans les Pays de la Loire pour les prochaines élections régionales.


Un homme à suivre. Personnalité emblématique de cette "génération Sarkozy", Béchu part à l'assaut de sa région. Contrairement aux jeunes sarkozystes, ces élections régionales de 2010 ne lui serviront pas de galop d'essai, l'angevin ayant déjà été élu président du conseil général de Maine-et-Loire à 29 ans, un record de précocité. En cas de victoire en mars, la notoriété de ce jeune élu de province devrait faire un bond. Béchu peut déjà rêver d'un ministère avant ses 40 ans. (VOIR VIDEO)

 


Christophe Béchu - régionales 2010

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Dimanche 31 janvier 2010 7 31 /01 /Jan /2010 20:28

clearstream-dessin.jpgJeudi 28 janvier, Dominique De Villepin est relaxé par le tribunal correctionnel de Paris du chef de "complicité de dénonciation calomnieuse".

 

 

Me Metzner, son avocat, se félicite de cette décision « qui fait emporter le droit et la justice sur la politique ». Il évoque un éventuel appel du parquet. Et cela quelques heures avant la décision du procureur de la République, Jean-Claude Marin, de renvoyer Dominique De Villepin devant le tribunal. (VOIR VIDEO)

 


Clearstream, le délibéré
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